Avaient-ils été contraints de faire rentrer toutes ces pièces pour enfin profiter de la forme finale où était-ce l’inverse, fascinant ! surtout quand on observe une voiture, un immeuble après avoir intégré cette perspective. Du temps passé à déconstruire jusqu’à l’adolescence et ses mobylettes custom que je n’ai pas réussies à remonter entièrement.
Puis arrive le jour où j’ai eu besoin d’un bureau pour meubler ma chambre. Un ami bricoleur de la famille me suggère alors de le dessiner sur un papier avec quelques mesures et ensuite il m’aiderait à choisir du bois et enfin à le fabriquer. De quoi ai-je vraiment besoin ? Ranger des classeurs, des petits cahiers, ma trousse et un espace confortable pour travailler mais il fallait qu’il rentre dans un espace précis et qu’il s’accorde au reste de ma chambre. Mon premier dessin est né, direction le magasin de bricolage, contreplaqué coupé aux dimensions en comptant les épaisseurs de bois à déduire, vis, colle, baguette d’angle, pâte à bois, vernis et me voila en une après midi avec le meuble assemblé dans mon garage prêt à être teinté et verni. J’étais comme hypnotisé par l’objet, je ne me lassais pas de le regarder et de penser à tout ce que j’avais eu comme pensées avant d’en arriver là !
Sans ce filtre du travail accompli je me serais rendu compte qu’il était vraiment horrible, mais je resterai fier d’avoir fait vivre mon idée. J’ai dessiné et fabriqué beaucoup de choses depuis, mais le travail de déconstruction demeure, il demeure dans le questionnement au design, s’émanciper des influences et de ses propres pièges créatifs, ne pas plaire à tous, ne pas plaire qu’à soit. Faire simple ne l’est pas mais il y a dans le cheminement imaginaire une part de simplicité poétique qui mérite d’être partagée.